Le stress-test climatique des banques et des assureurs sur les rails

02/09/2020 | Revue Banque

Les résultats du premier stress-test climatique réalisé en France sur les banques et les assurances seront publiés en avril 2021. Les scénarios sur lesquels se base cet exercice ont été finalisés mi juillet et les acteurs financiers ont commencé à y travailler. Un premier point d’étape doit avoir lieu à l’ACPR fin septembre. « C’est un exercice pilote qui porte sur des scénarios de risque climatique à horizon 2050, il est donc inédit du fait de sa nature, de son horizon, et qu’il porte à la fois sur les banques et les assurances. Il repose sur trois scénarios de transition vers une économie bas carbone et sur un scénario de risque physique le plus pessimiste », indique Laurent Clerc, directeur de la Direction d’étude et d’analyse des risques de l’ACPR. L’exercice est réalisé sur la base du volontariat. 10 banques françaises représentant 85 % des expositions en France mais aussi dans le reste du monde y participent, ainsi que 17 assureurs.

« Il y a deux objectifs : évaluer la sensibilité aux risques climatiques en considérant différents scénarios et donc mesurer l’exposition des banques et assureurs et les pertes potentielles ; et il y a un aspect méthodologique qui consiste à analyser les difficultés rencontrées par les établissements pour conduire ce type d’exercice, en termes notamment de modèles, méthodes ou données afin ensuite d’y remédier et ainsi mieux préparer les institutions financières à gérer ces risques », explique Laurent Clerc.

Comme dans le cas de stress-tests classiques, les banques mesurent la sensibilité de leurs bilans par rapport à des scénarios. Elles partent des bilans fin 2019 et pourront apporter des ajustements à ces bilans à partir de 2025. « Nous avons converti des scénarios climatiques en scénarios économiques et financiers pour faciliter le travail des banques et des assureurs en nous appuyant sur les travaux du réseau de banques centrales pour le verdissement du système financier (NGFS) », précise Laurent Clerc.

Les établissements financiers doivent rendre leurs résultats entre octobre et fin décembre. Un exercice de mise en cohérence avec les établissements et de prise en compte des effets de second tour doit ensuite avoir lieu avant la publication des résultats en avril 2021. Des stress-tests climatiques seront ensuite menés régulièrement en France, à un rythme qui pourrait être tous les deux ou trois ans.