Entretien Edouard-François de Lencquesaing La Lettre du trésorier AFTE

06/02/2020 | AFTE

Vous faites la promotion d’une smart and lean regulation [réglementation responsable et svelte, Ndlr]. Qu’entendez-vous par cela ?

Elaborer une smart regulation signifie qu’en amont du travail technique et d’élaboration de règles et de normes, on ait procédé à une réflexion poussée sur les buts souhaitables à la fois pour la société dans son entier et pour l’industrie financière. En ce qui concerne l’industrie, cela revient, entre autres, à se demander comment et dans quelles proportions elle doit assurer le transfert des risques à différentes catégories d’investisseurs en fonction d’un appétit au risque différencié. La smart regulation consiste à rechercher l’équilibre entre des objectifs contradictoires, sûreté et compétitivité par exemple. La lean regulation, de son côté, est celle qui évite l’écueil d’un excès de prudence, excès souvent contreproductif. La pente naturelle de l’autorité qui édicte des normes et qui est chargée d’en contrôler l’application est de se caler sur les risques maximaux, même s’ils ne se manifestent qu’occasionnellement. Il faut préférer à cela l’approche dite par les risques – les exigences réglementaires augmentent à due proportion des risques -, ce qui nécessite de s’appuyer sur une expertise technique fine qui ne peut venir que de l’industrie.

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