Bras de fer entre banques et fintechs pour l’accès aux données des clients

19/07/2017 | Les Echos

Les fintechs veulent convaincre Bruxelles de les laisser accéder librement aux comptes des clients des banques.

C'est un sujet hautement sensible qui agite les fintechs européennes. Alors que la Commission européenne s'est saisie des propositions formulées par l'Autorité bancaire européenne (EBA) pour définir les conditions de l'ouverture à la concurrence dans les services de paiements qui entreront en vigueur en janvier 2018 en Europe, les start-up de la finance montent au créneau. Dans un manifeste signé par pas moins de 65 d'entre elles, les fintechs s'inscrivent en faux contre les propositions de l'EBA qui visent à réglementer leur accès aux données de paiement de leurs clients.

Concrètement, ces normes prévoient que les fintechs qui fournissent des services d'agrégation de comptes bancaires ou d' « initiation de paiement » doivent demain abandonner leurs techniques dites de « web-scraping » (qui consistent à demander aux clients leurs propres codes d'accès). A la place, elles devront utiliser des plate-formes conçues par les banques elles-mêmes pour accéder aux comptes de leurs clients. Un système qui vise à sécuriser ces acteurs qui se sont développés ces dernières années en marge de la réglementation financière.

Mobilisation des banques européennes

Reste que les agrégateurs doutent de la bonne volonté des banques à développer des plate-formes destinées à leur fournir des données sur leurs propres clients... « Le bon fonctionnement et la mise à jour de ces plate-formes est une simple hypothèse à ce jour. Ces plate-formes n'ont pas encore été développées, ni même testées. La seule manière de s'assurer que les banques soient incitées à les développer et à les mettre à jour est de rendre leur usage optionnel », objectent les fintechs dans leur manifeste. Autrement dit, ces dernières veulent se voir garantir un accès aux comptes parallèle à celui préconisé par l'EBA.

Craignant de voir la Commission européenne céder à ces requêtes, les banques européennes se sont mobilisées ces derniers jours. Dans une lettre destinée à la Commission le 3 mai que « Les Echos » ont pu consulter, la fédération bancaire européenne (EBF), l'association européenne des banques coopératives (EACB) et l'instance qui représente les caisse d'épargne en Europe (ESBG) ont fait valoir qu'un « amendement qui imposerait le mode de fonctionnement actuel des prestataires de paiements ne pourrait qu'abaisser le niveau de protection des consommateurs, augmenter le risque de fraudes et réduire l'innovation et la concurrence dans le secteur ». Enfonçant encore le clou, la Fédération bancaire européenne a fait valoir vendredi dans un communiqué que « tout changement inapproprié dans les standards techniques préconisés par l'EBA mettrait en risque l'intégrité des données personnelles des clients ».


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